Pas à pas
Enfin, la première planche est terminée… ça fait du bien, mais je sais aussi qu’il m’en reste un paquet. Et le problème, c’est encore et toujours le temps… Mais cette page-ci n’est pas dédiée à vous raconter mes états d’âme, mais à pouvoir vous montrer quelques étapes de la page blanche jusqu’au résultat final…

J’ai commencé par dessiner ma planche en miniature sur une A4. Je cherche la façon dont je peux disposer les cases sur la page, de manière à ce que l’histoire soit claire. Dans les cases, je croque les personnages, décors, direction du regard et quelques détails. Toute ma planche se base sur ce croquis.

Ensuite, je dessine mes personnages. Après quelques ratés, j’obtiens plus ou moins ce que je cherche, et je les repasse au marqueur et crayon, vite fait bien fait, hum… Je ne vais pas copier ces personnages sur mes planches, il s’agit plutôt d’une idée globale. Je préfère continuer à chercher en dessinant, plutôt que de devoir recopier.
Ces croquis-ci, je les fais surtout pour trouver les costumes, couleurs de cheveux, peau ect. Il y a certaines caractéristiques du visage que j’utiliserai pour mes planches, mais d’autres que je laisserai de coté.

Ensuite, je m’attaque à ma planche: je trace d’abord les cases et puis commence ma recherche au crayon. J’ai tendance à faire certains traits trop gros et trop appuyés, ce qui abîme le papier… Ce travail-ci est un des plus intéressants, là, je crée vraiment, je laisse libre court à mon imagination, c’est aussi le plus stimulant.

Vient alors l’encrage, à la plume et l’encre de Chine. Les lignes très fines sont faites avec un Rotring. Parfois, la plume gratte, le travail de la plume demande une sérieuse maîtrise et j’ai encore du chemin à faire…
Et puis je passe au drawing gum, une potion jaunâtre qui sent mauvais, mais qui est tellement pratique que j’ouvre toutes les fenêtres et je dévisse quand-même le bouchon… J’aime bien pouvoir peindre le ciel aux gros pinceau, alors je recouvre presque toute ma planche de potion nauséabonde; le drawing gum sèche. Ensuite je peux déborder avec de la peinture, rien ne passe au travers de la couche de drawing gum séché. Quand la peinture est sèche, je gratte avec une grosse gomme dure ma potion magique qui se décolle. Et c’est reparti pour ré-enduire certaines parties de ma planche, comme les yeux et les dents.

Il est impératif que les yeux et le bord des cases restent bien blancs. Heureusement, je peux rapidement reboucher le pot de potion et ressortir mon attirail de peinture. Je commence par les deux cases supérieures, presque identiques. Je commence par les teintes claires et progresse lentement vers un vert plus sombre, jusqu’au noir.

J’utilise la même technique pour les autres cases, en commençant par les couleurs claires, suivies des plus sombres. Je garde pour la fin, certaines parties du personnage, comme les cheveux, reproduisant chaque couche dans toutes les cases successivement pour obtenir plus ou moins le même résultat.
Je garde les yeux pour la fin, les yeux finissent en quelque sorte le personnage, lui donnent son âme, et c’est toujours avec appréhension (et si je dérapais maintenant?) que je termine mes personnages…


Je suis assez contente du résultat final. Plus que cinq planches.
Quand je regarde ce que j’ai fait, je vois naturellement des erreurs, mais ce n’est pas gravissime… Si on fait des erreurs, c’est pour pouvoir les éviter dans le futur.













A mon avis (pour faire référence à ce que tu dis juste au dessus) ce sont parfois les erreurs dans les œuvres d’art qui font leur originalité et leur succès. Bonne Continuation.